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Bonjour, je suis Elitza Gueorguieva.

  • Dans le nouveau numéro de Kometa, je me souviens d’un dictateur qui coupait des rubans et de mon enfance à Sofia, en Bulgarie

  • Je vous parle aussi des films de Binka Jeliazkova, ma réalisatrice préférée

  • La photo de la semaine vous emmène à Astana, au Kazakhstan

  • Et retrouvez tout l'agenda de la revue jusqu'au 5 juin, date de sortie du numéro!


Le dictateur qui coupait des rubans (pour rien)

Todor Jivkov en 1978 | © Plamen Petrov / éditions Janet 45

Que dire de moi? Je suis née à Sofia et mon accent en témoigne. J’habite près de Paris et je ne porte jamais de montre. J’ai réalisé les films Chaque mur est une porte et Notre endroit silencieux (Les films du bilboquet, 2017 et 2021). J’ai écrit les livres Les cosmonautes ne font que passer et Odyssée des filles de l’Est (éditions Verticales, 2016 et 2024). J’aime explorer les liens entre le réel et le fantasque, le politique et l’intime, le burlesque et la mélancolie.

C’est aussi ce que j’ai voulu faire pour votre revue. Dans «Le dictateur qui coupait des rubans (pour rien)», je me souviens d’images qui passaient en boucle à la télé pendant mon enfance, en Bulgarie. Le chef de l’Etat (le premier secrétaire) répétait le même geste, à l’infini. Entouré de jeunes filles en costume traditionnel, il rompait du pain, il versait de l’eau, il coupait des rubans. La foule applaudissait. Les photographes photographiaient.

A partir de ces milliers d’images, un artiste bulgare, mon ami Nikola Mihov, a fait tout un livre, où il interroge le passé de la Bulgarie: c’est He Breaks, He Cuts, He Spills (éditions Janet 45, 2021). Dans ce livre, il y associe des images du chef de l’Etat actuel, Boïko Borissov, premier ministre pour la troisième fois, qui effectue exactement les mêmes gestes. Le parallèle est déconcertant.

De mon côté, j’ai fait un texte où je mélange ces souvenirs politiques à mes souvenirs de la vie à la maison. Pour retrouver la logique de l’enfant que j’étais, je me suis appuyée sur un journal où mon père avait noté tous les questionnements existentiels, et un brin absurdes, que j’avais jadis: à quoi me sert ce bouton sur ma joue? est-ce que le travail est un magasin? Je mêle l’enfant qui regardait les adultes à celle que je suis aujourd’hui, qui se souvient. Ce qui me fait écrire: «tu te dis que les adultes ne savent vraiment pas s’amuser des fois.» 

Mon texte et ces photos sont à découvrir dans le 3e numéro de Kometa, en librairie le 5 juin.


La recommandation d'Elitza Gueorguieva

Les films bulgares que je préfère? Ceux de Binka Jeliazkova.

La vie s’écoule silencieusement, qu'elle a réalisé avec Hristo Ganev en 1957, raconte la vie d'un groupe de partisans, qui perçoivent l'écart entre leur idéal socialiste et la réalité qu'ils vivent. Dans Nous étions jeunes (1961), des jeunes créent un commando de résistants contre les nazis. Le documentaire Berceuse (1981) est consacré à des femmes enfermées dans la prison de Sliven, à l'est de la Bulgarie, donnant naissance à des enfants derrière les barreaux.

Tous les films de Binka Jeliazkova (1923-2011) laissent voir les nuances dans la société communiste, et la société en général. Mais surtout, elle est hyper talentueuse.


La photo de la semaine

Astana | © Nick Hannes

Une famille, une piste cyclable quasi vide, des voitures télécommandables... et derrière, les gratte-ciels de la «Dubaï des Steppes». Notre vraie-fausse rubrique tourisme, «Allons-y!» sont consacrées à Astana, grâce à une connaisseuse: la journaliste kazakhe Dana Rysmulhamedova. Il est illustré par des images signées Nick Hannes.

Pour son livre New Capital (éditions Lannoo Publishers, 2024), cet anthropologue et photographe belge a voyagé dans six pays dotés d'une nouvelle capitale. Parmi eux, le Kazakhstan, qui a remplacé l'ancienne, Almaty, par la nouvelle, Astana, en 1998.


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A propos de Kometa

À l’origine de Kometa, une envie: comprendre le monde en allant voir là où il bouge. On ironise parfois sur ces Américains qui ne savent pas placer Paris ou Bruxelles sur une carte d’Europe, mais l’invasion russe de l'Ukraine a révélé notre méconnaissance d’une partie entière de notre continent.

Tous les trois mois dans une belle revue papier de 208 pages, chaque semaine dans ses newsletters et tous les jours sur son site, Kometa propose des grands récits littéraires, des photos d’auteurs et des débats d'idées pour saisir ce que nous n’avons pas vu se lever à l’Est. En révéler la richesse, les talents et l’incroyable complexité.

L'agenda

Aujourd'hui, 18h20

Iegor Gran sur France Inter

Dans quelques minutes, notre auteur Iegor Gran est en direct dans le «18-20 — Un jour dans le monde», pour parler de son récit «Aimer Poutine en 37 leçons». A réécouter ensuite


Vendredi 31 mai, 18h

Librairie Maupetit, Marseille

La socilogue et poétesse féministe Pinar Selek raconte la fabrique de l'oubli en Turquie avec l'écrivaine Valérie Manteau, qui l'a rencontrée dans le nouveau numéro, et Léna Mauger, rédactrice en chef


Jeudi 6 juin, 19h

Librairie Le Biglemoi, Lille

Rencontre autour du 3e numéro avec Haydée Sabéran, rédactrice en chef adjointe

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